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Le dhow, voilier arabe, ou le voyage au gré du vent…

15 September 2021

Voilier traditionnel arabe, le boutre ou dhow (en anglais) est une embarcation de bois ancestrale parée d’élégantes voiles trapézoïdales, souvent comparées aux voiles latines. Typique des régions de la péninsule arabique, le boutre s’est imposé au fil du temps à travers la Mer Rouge et tout l’Océan Indien.  

Le Dhow, voilier traditionnel et culturel

Selon les historiens, si son apparition remonte à plus de mille ans, son rayonnement s’étend quant à lui du sud de l’Inde jusqu’à Madagascar, en passant par le Golfe persique, le Yémen, Le Kenya, La Tanzanie, ou les Comores.

Tout droit sortis d’un conte des mille et une nuits, ce navire était pourtant autrefois utilisé à des fins peu recommandables, par les trafiquants d’esclaves, d’armes, de perles et d’or.

Aujourd’hui, les vertus de transporteurs maniables, robustes et rapides des dhows sont mis au service du commerce de marchandises : matériel de construction, riz, noix de coco, oranges, bananes, poissons ou encore volaille.

Pourvu d’un faible tirant d’eau qui leur permet, comme les pirogues, de se faufiler et d’accoster facilement, les boutres sont larges (environ 1/3 de leur longueur), et ils portent une (ou deux) voile(s) trapézoïdale(S) appuyée sur un (ou deux) mât(s) incliné(s) vers l’avant. C’est d’ailleurs la forme de cette voile qui conditionne l’appellation boutre.

Un terme mais une myriade de déclinaisons 

Le terme générique de boutre désigne en réalité toute une variété de navires aux particularismes bien différents. Variant entre 8 et 30 mètres, les dhows se répartissent en deux grandes catégories distinctes : ceux possédant une poupe carrée, et ceux qui arborent une poupe pointue.

La première comprend :

  • Le baggala, plus grand navire arabe.
  • Le ganja (navire), de 70 à 200 tonneaux, qu’on trouve entre l’Arabie et l’Inde.
  • Le sambuck de la mer Rouge, utilisé naguère pour la pêche aux perles.
  • Le jehazi de Zanzibar et de la côte ouest de Madagascar.

Dans la seconde catégorie, on trouve :

  • Le bhum ou bum ou boom, qui existait dans le golfe Persique avant l’arrivée des Portugais (il jauge de 60 à 200 tonneaux, a deux mâts et son étrave particulièrement inclinée se projette au-delà de la coque avec une inclinaison particulièrement prononcée)
  • Le zarug, employé en particulier sur les côtes de Yémen et du Hedjaz. Son tonnage dépasse rarement les 100 tonneaux, et sa vitesse en fait le favori des pirates et contrebandiers

Modernisme et traditions 

Même si de nombreuses régions ont cédées aux sirènes de la modernité en équipant désormais les boutres de moteurs ; le développement d’un tourisme axé sur l’authenticité et le patrimoine culturel, a permis de préserver la construction traditionnelle.

Ainsi la ville de Sour au Sultanat d’Oman, terre de naissance des boutres est l’héritière d’un savoir-faire ancestrale. Un art à part entière qui attire de nombreux touristes sur les chantiers de construction. En parallèle, de nombreuses destinations proposent désormais parmi leurs attractions phares, des croisières en dhow. En tête de liste Zanzibar, Dubaï ou encore Madagascar…

Une façon pour ces régions du monde de promouvoir leurs traditions, et pour les touristes de voyager autrement.

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